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Des faits, pas des faussetés

Les idées reçues sur les récupérateurs·trices et leur travail sont courantes dans nos communautés. Elles entraînent de la stigmatisation — voire de l’hostilité — envers ces membres essentiels de la société. Voici certaines de ces faussetés, accompagnées des faits.

 

FAUSSETÉ : Le travail de récupération, ce n’est pas un vrai travail — c’est de l’argent facile pour les paresseux.
FAIT : La récupération est bel et bien un travail — un travail difficile, essentiel et utile.

 

Rechercher, collecter, transporter et échanger des matériaux pour quelques cents n’a rien d’« aisé », surtout dans les endroits où des limites restreignent la quantité de contenants pouvant être acceptés en un même lieu. La plupart des récupérateurs·trices parcourent plusieurs kilomètres par jour à pied ou à vélo, en transportant des charges lourdes. Leur travail permet de nettoyer les communautés, de détourner des tonnes de matières des sites d’enfouissement et d’améliorer les taux de recyclage.

 

Ce sont des personnes qui créent elles‑mêmes leur emploi. Le travail est informel, flexible et accessible à de nombreuses personnes exclues du marché du travail formel.

FAUSSETÉ : La récupération alimente la crise de la drogue — ces gens veulent juste de l’argent pour acheter de la drogue.
FAIT : Rien n’indique que la récupération ou les systèmes de consigne augmentent l’usage de drogues — mais certaines données suggèrent que cela pourrait le réduire.

La majorité des récupérateurs·trices ne consomment pas de drogues; ils utilisent leurs revenus pour acheter nourriture, biens essentiels, payer le loyer ou soutenir leur famille. Des études montrent même que l’emploi contribue à la réhabilitation.

Il arrive que certaines personnes dépendantes utilisent leurs gains pour acheter des drogues — mais sans cette source de revenu, elles auraient besoin d’en trouver une autre, parfois illégale. Une étude a même montré que les États dotés d’un système de consigne présentaient 11 % moins de délits mineurs.

FAUSSETÉ : Les récupérateurs·trices sont tous pauvres et sans-abri.
FAIT : La majorité vit dans la pauvreté, mais pas tous. Certains choisissent ce travail pour compléter un revenu ou contribuer positivement à leur communauté.

À Montréal, une étude révélait que la plupart des valoristes utilisent ce revenu comme alternative ou complément à l’aide sociale. Beaucoup sont logés mais font face à d’importants obstacles à l’emploi (santé, âge, exclusion du marché du travail).

Bien que récupération ne rime pas automatiquement avec itinérance, les problèmes de logement croissants au Canada et aux États-Unis font que plusieurs récupérateurs·trices sont sans-abri. C’est pourquoi NAWPA milite pour de meilleures politiques en matière de logement.

Photo : Sure We Can, Carlos Rivera
FAUSSETÉ : La consigne, c’est juste une autre taxe.
FAIT : Lorsque la consigne est entièrement remboursable, ce n’est pas une taxe.

 

Elle sert d’incitatif pour ramener les contenants dans le système de recyclage, ce qui réduit la charge financière pour les services publics.

FAUSSETÉ : Le Canada et les États-Unis sont trop riches pour que des gens dépendent de la récupération.
FAIT : Malgré la richesse globale, des millions de personnes vivent dans la pauvreté.

Hausse des coûts, emplois précaires, insuffisance des aides sociales : la récupération demeure une source de revenu essentielle.

FAUSSETÉ : Le recyclage ne fonctionne pas.
FAIT : Il fonctionne — et il réduit significativement les émissions.

 

Les matériaux comme l’aluminium, le verre et plusieurs plastiques sont recyclés à grande échelle. Les systèmes de consigne offrent un flux de matières beaucoup plus propre que la collecte en bordure de rue. C’est du tri à la source!

Les Valoristes Coopérative de Solidarité2.jpg
FAUSSETÉ : Fouiller les poubelles est toujours illégal.
FAIT : Cela dépend des règlements locaux.

Dans la plupart des endroits, les déchets déposés en bordure de rue deviennent publics. Mais certains règlements municipaux interdisent l’extraction de matières recyclables. NAWPA milite pour l’abolition de ces lois punitive.

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